🌱 L’essentiel à retenir
- Dosage standard en préventif : 10 g de bouillie bordelaise par litre d’eau pour la plupart des cultures (tomates, pommes de terre, vigne, arbres fruitiers).
- Curatif : 15 à 20 g/L, uniquement en forte pression de maladie et en respectant les doses maximales.
- Limite annuelle de cuivre : 4 à 6 g de cuivre pur par mètre carré, soit environ 2 à 3 traitements par saison pour un potager familial.
- Fréquence : tous les 10 à 15 jours en période à risque, jamais plus.
- Application : par temps sec, sur feuillage sec, en évitant le plein soleil et la pluie à venir.
- Précautions : gants, masque, lunettes, éloigner enfants et animaux, ne pas traiter près des cours d’eau.
👉 Vous trouverez ci-dessous le tableau complet des dosages par plante, le mode d’emploi pas à pas, le calendrier idéal et toutes les précautions indispensables pour utiliser la bouillie bordelaise sans risque.
Quel est le dosage de la bouillie bordelaise selon les plantes ?
Le dosage standard se situe entre 8 et 20 g de poudre par litre d’eau, à adapter en fonction de la culture et de l’objectif recherché (préventif ou curatif). La plupart des fiches techniques convergent vers 10 g/L pour un usage préventif classique sur tomates, pommes de terre, arbres fruitiers et vigne.
Voici le tableau récapitulatif qui résume les doses courantes par plante, en se basant sur les recommandations des fabricants et les retours d’experts (Solabiol, Gamm Vert, Jardiner Malin, etc.).
| Plante | Dosage (g/L) | Usage & remarques |
|---|---|---|
| Tomates | 10‑12 | Mildiou, alternariose. Tous les 10‑15 jours en période humide. |
| Pommes de terre | 12‑20 | Dès 15 cm de hauteur. Mildiou. Jusqu’à 20 g/L en curatif. |
| Courgettes, concombres | 8‑10 | Plutôt préventif. Limiter à 2‑3 traitements max par saison. |
| Vigne | 12‑20 | Mildiou, oïdium. Avant floraison puis après. |
| Arbres fruitiers (hiver) | 15‑20 | Traitement d’automne / fin d’hiver avant débourrement. |
| Arbres fruitiers (végétation) | 10‑15 | Tavelure, cloque. Application avant floraison. |
| Rosiers | 8‑12 | Oïdium, taches noires. De nombreux experts déconseillent la bouillie sur rosier. |
| Salades, choux | 8‑12,5 | Usage exceptionnel, plantes très sensibles au cuivre. |
⚠️ Ces dosages sont donnés à titre indicatif. Vérifiez toujours l’étiquette de votre produit, car la concentration en cuivre peut varier d’une marque à l’autre.
En règle générale, pour 1 litre de bouillie prête à l’emploi, on utilise 10 g de poudre, ce qui correspond à une cuillère à soupe rase. Si vous devez traiter une surface de 10 m², il faut environ 1 L de solution, soit 10 g de produit.
Préventif vs curatif : des écarts significatifs
La différence entre les deux modes est simple :
- Préventif : 5 à 10 g/L. On applique avant l’apparition des maladies, dès que le temps devient humide.
- Curatif : 15 à 20 g/L, voire 25 g/L sur certaines cultures comme la vigne ou la pomme de terre en cas de forte pression. On n’utilise cette dose que si la maladie est déjà présente et que le produit l’autorise.
Monter au-delà de 20 g/L augmente le risque de brûlures du feuillage et l’accumulation de cuivre dans le sol, sans forcément améliorer l’efficacité.
Comment préparer la bouillie bordelaise sans se tromper ?
La préparation de la bouillie bordelaise se fait en diluant la poudre dans de l’eau propre, idéalement non calcaire, jusqu’à dissolution complète ; pour une recette “maison” à base de sulfate de cuivre et de chaux, il faut impérativement respecter l’ordre d’incorporation et les règles de sécurité.
Avec une poudre prête à l’emploi (la méthode express)
- Remplissez le pulvérisateur à moitié avec de l’eau (de pluie si possible, le calcaire peut réduire l’efficacité).
- Pesez la quantité exacte de poudre avec une balance de cuisine. Ne travaillez jamais “au pif”.
- Versez la poudre dans l’eau en remuant doucement à l’aide d’un bâton en plastique ou en secouant le pulvérisateur fermé.
- Complétez avec de l’eau jusqu’au volume final (1 L, 5 L, 10 L…).
- Agitez vigoureusement avant chaque utilisation : la bouillie a tendance à se décanter, le cuivre doit rester en suspension.
Certains jardiniers préfèrent un pré‑mélange : diluer la poudre dans un petit volume d’eau tiède, puis compléter avec de l’eau froide pour éviter les grumeaux. C’est un bon geste quand on utilise de la bouillie en poudre fine.
💡 Mon conseil pratique
Si vous pulvérisez souvent, préparez seulement la quantité dont vous avez besoin pour une session. La bouillie bordelaise ne se conserve pas plus de 24 heures une fois mélangée : elle se dégrade et perd de son efficacité.
Fabriquer sa propre bouillie (sulfate de cuivre + chaux éteinte)
La recette historique de la bouillie bordelaise se prépare avec du sulfate de cuivre et de la chaux éteinte. Pour 10 litres de solution :
- ✔️ 200 g de sulfate de cuivre dissous dans 4 L d’eau
- ✔️ 300 g de chaux éteinte délayée dans 6 L d’eau pour former un “lait de chaux”
- ✔️ Versez le lait de chaux dans la solution de sulfate de cuivre (jamais l’inverse) en remuant sans cesse
- ✔️ Laissez reposer 24 h avant utilisation
Cette préparation demande un équipement de protection complet (gants, masque, lunettes) car les poudres sont corrosives. Elle est plus risquée et moins précise que les formulations commerciales, mais certains jardiniers amateurs la plébiscitent pour son faible coût.
À quel moment et à quelle fréquence appliquer la bouillie bordelaise ?
Le calendrier idéal associe un traitement d’hiver sur les arbres fruitiers (automne/fin d’hiver) et des applications régulières au potager tous les 10 à 15 jours en période humide, avec un arrêt strict 3 à 4 semaines avant la récolte.
Le verger : deux périodes clés
- Automne, après la chute des feuilles : un premier traitement à 15‑20 g/L nettoie les spores hivernantes de tavelure, cloque ou moniliose.
- Fin d’hiver, juste avant le débourrement des bourgeons : un second traitement consolide la protection. On peut le répéter une fois à 10‑15 jours d’écart.
En règle générale, 2 à 3 applications suffisent sur un verger amateur.
Le potager : suivez la météo
Pour les tomates, les pommes de terre et les cucurbitacées, tout se joue sur l’humidité :
- 🌧️ Déclenchez le premier traitement quand les plants atteignent 15‑20 cm et que le temps est humide (printemps pluvieux).
- ⏱️ Renouvelez tous les 10 à 15 jours en période à risque (mai‑juin, puis septembre).
- ☔ Après une forte pluie (plus de 15 mm), refaites un passage car le produit a été lessivé.
Pour les courgettes ou concombres, un ou deux traitements légers (8‑10 g/L) suffisent souvent ; ces plantes sont plus sensibles aux brûlures.
⚠️ Attention à la limite de cuivre
En jardinage amateur, on recommande de ne pas dépasser 4 à 6 g de cuivre pur par m² et par an. Avec un dosage moyen de 10 g/L de bouillie bordelaise (contenant 20 % de cuivre), un seul litre dépose environ 2 g de cuivre sur 10 m². Cela vous laisse une marge de 2 à 3 traitements maximum sur la même parcelle dans l’année.
Quelles sont les précautions d’emploi et les dangers du cuivre ?
La bouillie bordelaise est un fongicide à base de sulfate de cuivre, toxique pour la santé humaine et l’environnement en cas de mésusage, ce qui oblige à respecter des règles strictes de protection personnelle, de dosage et de distance aux points d’eau.
Équipement de protection indispensable
- 🧤 Gants de nitrile (pas de gants de jardinage en tissu).
- 😷 Masque anti-poussière (FFP2 minimum) lors de la manipulation de la poudre.
- 🕶️ Lunettes de protection pour éviter les projections.
- 👕 Vêtements couvrants, lavés après chaque usage.
Ne jamais manger, boire ou fumer pendant la préparation. Éloignez enfants et animaux pendant le traitement et dans les 6 heures qui suivent.
Risques pour le sol et l’environnement
Le cuivre ne se dégrade pas : il s’accumule dans le sol, stérilise la vie microbienne et affecte les vers de terre. À long terme, il peut rendre une terre impropre à la culture. C’est pourquoi les règlements de l’agriculture biologique limitent l’apport à 6 g de cuivre/m²/an.
Pour limiter l’impact :
- 🌊 Ne traitez jamais à moins de 5 mètres d’un cours d’eau ou d’un point d’eau (mare, puits).
- 🔁 Alternez avec des méthodes non chimiques (rotation des cultures, variétés résistantes, décoctions).
- 📆 Respectez la dose annuelle et ne cédez pas à la tentation de “sur‑traiter”.
Plantes sensibles et interdites de bouillie
Certaines plantes ne supportent pas le cuivre, même à faible dose :
- 🌹 Rosiers : de nombreux experts (comme ceux des Carnets de Georges Delbard) déconseillent formellement la bouillie bordelaise, qui provoque des brûlures et affaiblit la plante.
- 🥬 Salades, épinards, choux : leur feuillage tendre accumule le cuivre et peut devenir toxique à la consommation.
- 🥕 Légumes-racines : même logique de prudence, sauf exception validée par la notice du produit.
Si vous devez absolument traiter ces espèces, restez sur le dosage le plus bas (8 g/L) et limitez‑vous à une seule application.
Existe-t-il des alternatives à la bouillie bordelaise ?
Oui, plusieurs alternatives naturelles et préventives permettent de réduire le recours au cuivre, comme les décoctions de prêle, le bicarbonate de soude, les purins d’ortie ou de consoude, et surtout les bonnes pratiques culturales.
De plus en plus de jardiniers, conscients des impacts du cuivre, adoptent une approche intégrée :
- Décoction de prêle : riche en silice, elle renforce les parois cellulaires et limite l’installation des champignons.
- Bicarbonate de soude (1 cuillère à café par litre + savon noir) : efficace en curatif sur l’oïdium, moins sur le mildiou.
- Purins de plantes : ortie (stimule les défenses), consoude (riche en potasse).
- Variétés résistantes : choisissez des tomates “Marmande”, “Ferline”, des pommes de terre “Charlotte” ou “Désirée” réputées moins sensibles.
- Hygiène au jardin : espacez les plants pour aérer, arrosez au pied sans mouiller les feuilles, supprimez et brûlez les parties malades.
L’idéal est de combiner ces méthodes et de ne sortir la bouillie bordelaise qu’en dernier recours, lors d’un printemps vraiment pourri.
✨ Mon verdict
La bouillie bordelaise reste un outil utile, mais pas anodin. Après avoir épluché des dizaines de fiches techniques et retours de terrain, voici ce que j’en retiens :
- 1. Le dosage par défaut à 10 g/L couvre 90 % des besoins. Inutile de monter plus haut sans raison valable. Vous protégerez vos cultures sans exploser le seuil annuel de cuivre.
- 2. La fréquence est votre vrai pouvoir. Même à dose préventive, ne dépassez pas 2 à 3 traitements par an sur une même parcelle. Au‑delà, le cuivre s’accumule et on fait plus de mal que de bien.
- 3. Les alternatives ne sont pas des gadgets. Décoction de prêle, bicarbonate, espaces aérés et variétés résistantes suffisent souvent. Réservez la bouillie aux années noires.
- 4. Protégez‑vous sérieusement. Gants, masque, lunettes, ce n’est pas du cinéma : le sulfate de cuivre est un vrai toxique.
Ma recommandation : si vous jardinez en ville ou en lotissement, préférez les solutions douces et ne gardez la bouillie bordelaise que pour vos arbres fruitiers en automne et un éventuel coup dur sur les tomates. Votre sol et votre santé vous diront merci.
Et vous, avez‑vous déjà testé la bouillie bordelaise ? Quelle dose utilisez‑vous sur vos tomates ? Partagez votre expérience en commentaire, je suis curieuse de savoir ce qui fonctionne vraiment chez vous !
❓ Questions fréquentes
Quelle quantité de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau ?
Le dosage le plus courant est 10 g de poudre pour 1 litre d’eau, soit l’équivalent d’une cuillère à soupe rase. Ce repère fonctionne pour la plupart des traitements préventifs sur tomates, pommes de terre, arbres fruitiers et vigne. Il peut être ramené à 8 g/L sur les légumes sensibles comme les courgettes ou salades, et augmenté jusqu’à 20 g/L en curatif si la notice du produit le prévoit et si la plante le tolère. Pour en savoir plus sur les seuils par culture, consultez le tableau complet de Home-Interior.
Peut-on utiliser la bouillie bordelaise sur les rosiers ?
La plupart des experts déconseillent aujourd’hui la bouillie bordelaise sur les rosiers. Le cuivre, même à faible dose, peut brûler le feuillage et affaiblir durablement la plante. Les pépinières Georges Delbard, par exemple, alertent sur les risques supérieurs aux bénéfices. Si vous tenez vraiment à traiter une attaque d’oïdium ou de taches noires, préférez une solution à base de bicarbonate de soude (1 c. à café + 1 c. à café de savon noir par litre d’eau) ou un purin de prêle. Pour plus de retours terrain, lisez les échanges sur le forum Le Figaro jardin.
Quand appliquer la bouillie bordelaise sur les arbres fruitiers ?
Le traitement se fait en deux temps : à l’automne, juste après la chute des feuilles, puis en fin d’hiver, avant l’éclatement des bourgeons. Ces applications (15‑20 g/L) visent à éliminer les spores de champignons qui hivernent dans les écorces et les bourgeons. Évitez de traiter lorsque les températures descendent en dessous de 0 °C ou en période de gel annoncé. La vidéo de Rustica explique très bien le geste et le calendrier.
La bouillie bordelaise est-elle dangereuse pour l’homme ?
Oui, le sulfate de cuivre qu’elle contient (environ 20 % en poids) est toxique par ingestion, inhalation et contact. Il peut provoquer des irritations sévères de la peau et des yeux, et des troubles digestifs en cas d’ingestion accidentelle. C’est pourquoi il est impératif de porter un masque, des gants et des lunettes lors de la préparation et de l’application. Éloignez enfants et animaux, et lavez soigneusement fruits et légumes avant consommation. Le site Ouest-France détaille les dangers de la bouillie bordelaise et les précautions à prendre.
Combien de traitements par an avec la bouillie bordelaise ?
Tout dépend de votre surface, mais en potager familial, on recommande de ne pas dépasser 2 à 3 traitements par saison sur la même culture. Avec un dosage de 10 g/L, un traitement dépose environ 2 g de cuivre pur sur 10 m². Sachant que la limite biologique est de 6 g/m²/an, trois passages vous amènent déjà à 6 g. Pour un verger, 2 traitements (automne et fin d’hiver) suffisent généralement. L’idéal est de faire un calcul simple : surface traitée × nombre d’applications × cuivre apporté par litre. Le guide de Gamm Vert donne des astuces pour respecter ces seuils.






