Le rivetage de la tôle : méthode et matériel

Assembler deux tôles sans les souder ni les visser, c’est tout l’intérêt du rivetage. Cette technique, utilisée aussi bien par les carrossiers que par les bricoleurs du dimanche, permet d’obtenir une jonction solide et durable sans avoir à démonter l’ensemble par la suite. Elle repose sur un principe simple, mais qui mérite d’être bien compris avant de se lancer, sous peine d’obtenir un assemblage fragile ou mal ajusté.

Le principe du rivetage aveugle

Quand on parle de rivetage de tôle, on pense presque toujours au rivet aveugle, aussi appelé rivet pop. Son gros avantage, c’est qu’il ne nécessite d’accéder qu’à une seule face de la pièce à assembler. Concrètement, on perce un trou dans les deux tôles superposées, on y insère le rivet à l’aide d’une pince adaptée, puis on tire sur la tige jusqu’à rupture. Cette tige, en se rompant, écrase la partie arrière du corps du rivet et crée un bourrelet qui vient plaquer les deux épaisseurs de métal l’une contre l’autre. Le résultat est une fixation fixe, impossible à démonter sans détruire le rivet, ce qui en fait un choix pertinent pour tout ce qui n’a pas vocation à être déboulonné plus tard. Pour les travaux courants sur tôle fine à moyenne, un rivet standard suffit largement et couvre l’immense majorité des besoins d’assemblage métallique.

Le matériel indispensable

Riveter proprement demande peu d’outils, mais chacun a son importance. Il faut d’abord une perceuse, avec un foret dont le diamètre correspond précisément à celui du rivet choisi un trou trop large videra la fixation de sa tenue mécanique. Vient ensuite la pince à riveter elle-même. On en trouve plusieurs familles : les pinces manuelles à levier, économiques et suffisantes pour un usage occasionnel ; les pinces sur batterie, qui évitent la fatigue du poignet sur de gros chantiers ; et les modèles pneumatiques, réservés aux ateliers qui rivettent en série. Le choix dépend surtout de la fréquence d’utilisation : pas besoin d’investir dans une pince électrique pour poser trois rivets par an sur une remorque. Un pied à coulisse peut aussi être utile pour vérifier l’épaisseur exacte des tôles avant de choisir la longueur du rivet.

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Bien choisir son rivet selon l’usage

Le diamètre du rivet doit toujours être légèrement inférieur à celui du trou percé, de l’ordre d’un à deux dixièmes de millimètre, pour permettre une insertion sans forcer tout en gardant du jeu suffisant pour la déformation. La longueur, elle, se calcule en additionnant le diamètre du rivet à l’épaisseur totale des tôles à assembler. Un rivet trop court ne formera pas un bourrelet assez large à l’arrière et la fixation tiendra mal ; un rivet trop long risque de dépasser ou de mal se déformer lors de la pose.

Le matériau compte tout autant. L’aluminium convient pour la majorité des tôles fines, l’inox résiste mieux à la corrosion et à l’humidité extérieure, tandis que l’acier offre une tenue mécanique supérieure pour les assemblages soumis à des contraintes plus fortes. Il faut aussi veiller à la compatibilité entre le métal du rivet et celui des pièces assemblées : associer un rivet en cuivre à de l’acier ou de l’aluminium, par exemple, peut accélérer la corrosion galvanique au fil du temps. Enfin, la forme de la tête a son importance esthétique et fonctionnelle : une tête plate classique convient à la plupart des usages, une tête large répartit mieux la pression sur des matériaux fragiles, et une tête fraisée permet d’obtenir une surface affleurante quand l’esthétique ou l’encombrement compte.

Quelques conseils pratiques avant de se lancer

Avant de percer, il est toujours utile de faire un essai sur une chute du même matériau pour valider le couple diamètre-longueur. Il faut également veiller à maintenir les tôles bien plaquées l’une contre l’autre pendant le perçage, pour éviter tout décalage qui fragiliserait l’assemblage final. Côté espacement, on évite généralement de placer un rivet à moins de trois fois son diamètre du bord de la tôle, sous peine de fissuration. Avec ces quelques précautions, le rivetage reste l’une des techniques d’assemblage les plus fiables et les plus accessibles, que ce soit pour réparer une carrosserie, monter un abri de jardin métallique ou fixer une plaque sur un châssis.

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